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LE TAOÏSME
SOURCES :
Science et civilisation en Chine
 
Joseph Nedham - Editions Philippe PICQUIER
Encyclopédie de A à Z chez Atlas

LE TAOÏSME

       Les grands moments du Taoïsme en Chine se situent durant les années 220 à 960, soit 7 siècles. Les Taoïstes souhaitent un retour à une vie où l'homme ne soit plus un étranger à l'ordre naturel, séparé de lui-même par l'Etat, les rites, le cérémonial. Vivre en harmonie avec la nature, c'est se retirer du monde pour communiquer avec les puissances primordiales, en pratiquant une méditation austère. Mais c'est aussi pour toute école tenter d'obtenir l'immortalité grâce à des pratiques alimentaires, à des expériences alchimiques et des expériences sexuelles élaborées.     
Les Taoïstes étaient des ermites dont le système de pensée occupe dans la vision chinoise du monde une place  aussi importance que le confucianisme.
Le terme taoïsme vient du but que se fixent ses adeptes c'est à dire :atteindre le tao (dao en chinois), pouvoir immanent (qui est intérieur à un être, à un objet, qui résulte de sa nature.) qui se trouve dans et derrière l’univers. 

Ses origines :
Deux courants qui se sont combinés.
Le premier : les philosophes de la période des « Royaumes Combattants » ont suivi le dao de la nature plutôt que celui de la société humaine car ils ne voulaient pas servir les princes féodaux.
Ils se retirèrent à la campagne ou dans les contrées sauvages pour méditer et étudier la nature. Ils semblaient persuadés que la société humaine ne pouvait pas être organisée avec réussite selon les désirs des confucianistes sans qu’une connaissance approfondie du monde naturel soit réalisée.
Le deuxième courant se trouve du côté des magiciens et des shamans représentants d’une sorte de culte de la nature et de pratiques magiques en relation avec les croyances populaires.        

Le philosophe taoïste qui cherchait le Dao de la nature était amené à faire des expériences par lui-même et croyait au travail de ses mains comme de son esprit.
Ce qui le différenciait du lettré confucianiste qui refusait de se souiller en effectuant des travaux manuels.

Le DAO
Est la voie de l’œuvre dans l’univers, c’est l’ordre de la nature.
La nature n’est pas créée, c’est une sorte de spontanéité naturelle qui trouve son origine en elle-même. 
" L’homme suit les voies de la Terre,
la Terre les voies du ciel,
le ciel les voies du Dao,
le Dao suit sa nature spontanée " 
Laozi. 
Donc le commencement et la fin ultimes des choses sont le secret du Dao et tout ce que peuvent faire les hommes, c’est décrire et étudier le monde naturel.
L’ordre de la nature qui amène les choses à l’existence qui gouverne chacune de leurs actions, ne le fait point par la force, mais par une sorte de tendance naturelle de l’espace et du temps. En s’abandonnant, et non pas en imposant ses idées préconçues à la nature, l’homme sera alors vraiment capable d’observer, de comprendre et aussi de gouverner et de contrôler.

" Combien le ciel tourne (sans cesse) !
Combien la Terre subsiste (constamment) !
Le soleil et la lune luttent-ils pour leurs places respectives ?
Y a t-il quelqu’un qui préside et dirige ses choses ?
Qui les lie et les associe ensemble ?
Qui les produit et les maintient en vie ?
Peut-être y a t-il quelque mécanisme  secret, qui fait qu’elles ne peuvent être que ce qu’elles sont ? "
Zhuang Zhou .

     Cette approche naturaliste met l’accent sur l’unité et la spontanéité des opérations de la nature. Cette unité, le caractère non créé et éternel du Dao sont des idées fondamentales du taoïsme.
" Le Dao ne s’épuise pas lui-même dans ce qu’il y a de plus grand, il n’est jamais absent dans ce qu’il y a de plus infime ; il est entier et diffus en toute chose. Combien vaste est son étendue ! Combien insondable est sa profondeur ! "
Laozi.

Aucun domaine, même repoussant ou trivial ne doit être exclu de l’enquête scientifique.
Les Taoïstes qui se sont donc placés dans une direction qui conduira à la science moderne, seront enclins à s’intéresser à de très nombreuses substances, toutes dédaignées par les confucianistes, comme les minéraux, les plantes sauvages ou les produits d’origine animale ou humaine.

Cette impartialité, ce refus de regarder le monde avec un regard sélectif, cette méfiance vis à vis des jugements moraux sur la nature ou sur l’homme est l’essence même de toute science naturelle.
La science doit être moralement neutre, et il faut mettre cela au crédit des Taoïstes. Ils avaient à leur disposition plus qu’une simple approche mécaniste de la nature, ils étaient conscients du principe de causalité.

" Il pourrait sembler qu’il y eut un véritable gouverneur, mais on ne voit aucune trace de son existence.
Considérons maintenant les cent parties du corps humain, avec ses neuf orifices, et ses six viscères, elles sont complètes là ou elles se trouvent.
En préférez-vous une ?
Les aimez-vous toutes également ?
Ou en aimez-vous une plus que l’autre ?
Sont-elles toutes ses serviteurs ?
Ces serviteurs sont-ils incapables de se contrôler l’un l’autre, et ont-ils besoin d’un souverain ?
Y a t-il un quelconque souverain véritable autre qu’elles-mêmes ?"
Extrait du Zhuangzi et Zhuang Zhou.
Les Taoïstes ne pensèrent jamais que l’homme ou l’univers réclamaient un « contrôleur » conscient.
Ils concevaient la nature comme un organisme qui n’avait pas besoin de demi-dieux pour fonctionner.
Au cours de son étude de la nature, le taoïste devint conscient des notions de changement d’action et de réaction.
Pour les taoïstes, en suivant le Dao, on obtient un bénéfice physique et intellectuel qui tend vers l’immortalité matérielle, état dans lequel le corps serait préservé et raffiné de telle sorte qu’il pourra prendre place parmi les XIAN (des êtres immortels au corps plein de jeunesse, qui vivent  sur Terre en des lieux sauvages).
Cette recherche comprenant entre autre des exercices respiratoire, des techniques sexuelles et des mouvements gymniques.


L’idéologie et l’attitude taoïste
Le taoïste a donc une approche de la vie fondée sur l’observation du monde naturel. Une véritable approche de la nature, demande d’avoir un esprit libre de théories préconçues, d’être réceptif et non d’accomplir une action de commandement.
Le symbolisme cher au taoïste est celui de l’eau (élément fondamental de l’univers) et celui du féminin (leur société avait sans doute une organisation matriarcale).
" Céder, s’effacer, permettre de, inviter " caractérise l’attitude taoïste. Ces attitudes atteignent leur expression la plus accomplie dans cette philosophie.
La confiance et le calme intérieur sont obtenus par la contemplation de la nature.
L ‘action taoïste est non pas "  l’inaction " ou le "  non agir "
mais une activité non contraire à la nature que traduit l’expression WUWEI.
Le taoïste s’abstiendra d’effectuer des tâches contraires à sa nature, d’exercer sa force à mauvais escient, etc…
Le WUWEI plonge ses racines dans la vie paysanne primitive : la plante pousse mieux sans l’homme, l’homme vit mieux si l’Etat ne s’occupe pas de lui. Ce n’est donc point l’inactivité que l’on vise mais l’harmonie avec la nature.
La pratique du WUWEI nécessite d’apprendre de la nature - pour la suivre - et ceci grâce à l’observation. Cette approche scientifique conduisit les taoïstes à l’expérimentation, fait capital pour le développement de la science et des techniques en Chine. L’expérience pratique, dans un tel contexte était d’une extrême importance et démontrait dans certains cas que le savoir de l’artisan valait mieux que celui d’un homme supposé instruit. L’intérêt pour la nature a conduit les taoïstes à s’interroger sur les changements et les transformations. Changements cycliques, progressifs et soudains. Ils reconnurent les changements vers l’intérieur et vers l’extérieur.
La notion de changement est centrale dans leur réflexion sur la vie et sur la mort.
 " Puisque vie et mort sont compagnes l’une de l’autre, pourquoi nous troubler à leur sujet ? Tous les êtres sont un. Cette vie qu’ils aiment leur paraît  merveilleuse animation, cette mort qu’ils détestent infecte putréfaction. Mais cette putréfaction se transforme et redevient animation, et celle-ci retourne à l’état de putréfaction. " Extrait du Zhuangzi
La fin d’une phrase est aussi le début d’une autre.
La compréhension de la nature, l’acceptation des changements sont à la base de la quiétude taoïste. Les taoïstes considéraient que la vérité pouvait être présente dans plusieurs opinions à la fois. Des points de vue différents n’étaient donc jamais totalement exacts ni erronés. Un autre aspect scientifique significatif de la pensée taoïste est sa perception d’un certain degré de relativité : des jugements fondés sur le point de vue de l’homme deviennent absurdes lorsqu’ils sont appliqués au monde non humain. Toutes ces observations les ont conduits à dénier à l’homme son rôle de centre du monde ce qui était l’un des fondements du confucianisme. 
Le principe de commandement du taoïsme est que le sage doit se situer plus bas que le peuple. Les taoïstes avaient des rapports étroits avec la masse du peuple. Ils montrèrent un intérêt constant pour les techniques artisanales demandant un tour de main ou du " flair " mais ils firent preuve à certains moments, d’une paradoxale méfiance vis à vis de l’innovation technique car son utilisation conduisait à l’assujettissement des hommes par les seigneurs féodaux.  
Les taoïstes rêvaient  d’une sorte de collectivisme, sans féodalisme et sans marchand.
Ils pensaient qu’il était normal de « voler » la nature pour le bien de la communauté, ce qu’ils condamnaient, c’était de « voler l’homme » pour accumuler des richesses à titre privé. 
En définitif, ils étaient pour une société s’appuyant sur la solidarité sociale de tout homme et son entourage.  

Taoïsme et immortalité            
Le taoïste, fasciné par l’idée d’une immortalité matérielle possible s’était préparé toute sa vie durant, en pratiquant des exercices respiratoires, d’héliothérapie, gymniques et sexuels.
Les taoïstes cherchaient à avoir la respiration la plus calme possible.
L’héliothérapie demandait une exposition du corps au soleil afin d’augmenter le taux de vitamine D.
Les exercices gymniques étaient nommés daoyin (étendre et contracter le corps). Ils reposaient tous sur l’idée ancienne que les pores de la peau pouvaient se boucher, ce qui entraînait une stagnation des liquides.
Les relations sexuelles humaines avaient des liens étroits avec le mécanisme de l'univers dans son ensemble (théorie du yin et du yang) et étaient désignées sous le nom de " méthode pour nourrir la vie par le yin et le yang "   
La religion 
Le taoïsme se constitua une église vers le II – III siècle pour présenter une alternative indigène à l’organisation ecclésiastique du bouddhisme. Mais cet événement n’entraîna pas l’oubli de la philosophie taoïste avec ses tendances politiques collectivistes, son mysticisme et son approche scientifique. A la vérité, confucianisme et taoïsme forment l’arrière plan de l’esprit chinois.

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